ABANDON DU TRANSFERT: DÉCEPTION AUJOURD’HUI, DÉTERMINATION POUR DEMAIN

ABANDON DU TRANSFERT: DÉCEPTION AUJOURD’HUI, DÉTERMINATION POUR DEMAIN

L’État a tranché. Tournant le dos aux collectivités – à qui il avait pourtant demandé de soutenir le projet – et à l’avis exprimé démocratiquement par les habitants du Département – qu’il avait lui-même sollicité – il a décidé d’abandonner le transfert de l’aéroport de Nantes Atlantique. Cette décision unilatérale nous laisse inquiets à plus d’un titre.

Inquiets parce que cette conclusion renvoie l’image d’un monde où une minorité peut obtenir gain de cause contre les tribunaux et l’expression du suffrage universel, y compris grâce au recours par certains à des méthodes violentes.

Inquiets parce que nous ne sommes pas dupes du reniement d’Emmanuel Macron sur ce projet: l’abandon du transfert signe le retour à un État centralisateur. Pour l’actuel gouvernement, les territoires de « province » n’ont pas vocation à se doter d’équipements importants puisque Paris est là pour ça. C’est mépriser le Grand Ouest qui connait un dynamisme économique et une croissance démographique importante.

Inquiets parce que le maintien empêchera d’accueillir plus d’habitants en proximité du coeur de la métropole. Des centaines de familles vont être contraintes de s’installer plus loin, amplifiant l’étalement urbain, le recours à la voiture individuelle, et donc le bouchon de la Bouvre.

Inquiets surtout, parce que cette décision a de graves conséquences pour notre territoire et ses habitants. Bouguenais va devoir penser son développement économique et sa qualité de vie sous la contrainte forte d’une activité aéroportuaire. Nous n’avons, contrairement à d’autres, jamais oublié qu’il n’était pas possible de conserver un aéroport sans les avions qui vont avec. Les habitants qui vivent »sous les avions » depuis longtemps continuerons à en subir les désagréments. Dire aujourd’hui que des solutions évidentes et simples existent, c’est méconnaître à la fois les contraintes techniques liés l’aéroport existant, son développement et la réalité vécue par nos concitoyens. Dans ce domaine, et encore plus d’ailleurs les conseilleurs ne sont pas les payeurs.

Élus bouguenaisiens, nous regrettons donc cette décision et ce d’autant plus que le rapport du groupe de médiation – pas vraiment favorable au transfert – indique la nécessité, à long terme, d’un déplacement de l’aéroport: nous avons donc perdu une ou deux décennies, pour notre plus grand malheur. C’est pourquoi nous continuerons à demander le départ de l’aéroport. D’ici là, nous nous engageons pour construire un développement harmonieux pour notre notre territoire. Nous sommes déterminés à protéger et défendre nos concitoyens en réclamant la meilleure prise en compte de leur situation, bien que pour beaucoup de Bouguenaisiens, ce ne pourra être satisfaisant, tant qu’ils seront sous les avions.

Expressions politiques du mensuel de Mars 2018. Groupe des élus Socialistes et Communistes de Bouguenais.