Cérémonie du 8 mai 1945 à Bouguenais

Cérémonie du 8 mai 1945 à Bouguenais

Voici quelques extraits de l’intervention de Michèle GRESSUS, maire, devant une assistance importante de citoyens bouguenaisiens  devant le monument aux morts, en présence de Dominique RAIMBOURG député de la 4ème circonscription, de Myriam BIGEARD conseillère départementale, des élus et d’anciens élus de la commune.

Si nous sommes là chaque 8 mai c’est aussi pour nous rappeler encore et toujours que la bête immonde de l’intolérance est toujours tapie dans l’ombre. Nous en savons quelque chose……alors que perdure cet esprit de résistance.

N’oublions pas la naissance du conseil national de la résistance où siégèrent toutes les formations politiques, tous ceux qui avaient refusé la capitulation, la collaboration. Conseil national de la résistance dont le programme défini dès 1944 refonda bien la République avec le vote des femmes, la sécurité sociale, la retraite par répartition….

Le 8 mai représente donc le début d’un renouveau, renouveau d’un pays qui a retrouvé sa liberté, mais aussi renouveau aussi d’une Europe qui se réconciliait enfin, engagée dans un nouveau défi : le progrès, la sécurité et la paix.

Pour cette Europe sociale que nous appelons tous de nos vœux, à ceux qui, désormais, y porteront la voix du peuple, rappelons leurs que, quand elle a pris forme, au lendemain de cette Seconde Guerre mondiale, ses institutions avaient pour mission de conduire les peuples d’Europe vers la paix et la prospérité. L’Union, que nous célébrons chaque 9 mai, n’en est pas moins devenue technocratique, lointaine, libérale, imposant une austérité terrible. Le repli identitaire est porteur de dangers, y compris de conflits, il enterrerait à jamais les chances de construire une grande Europe politique et sociale, la laissant désarmée face aux menaces qui pèsent sur le continent.

Pour conclure, je veux citer Germaine Tillion, grande conscience humaniste engagée. Elle a incarné l’esprit de Résistance, de Ravensbrück à la dénonciation de la torture en Algérie. Sa vie de combats, avec l’Autre et pour l’Autre, en fait une héroïne de la Fraternité. Elle aurait aujourd’hui rappelé que le 8 mai 1945, c’est aussi le massacre de Sétif où 45 000 Algériens furent massacrés car ils avaient osé relever la tête. Elle nous disait :

« Il ne faut jamais être lâche, sinon cela veut dire qu’on laisse la porte ouverte aux grands malfaiteurs. »