OF-NDDL : 300 personnes manifestent pour le oui

Ils ont fait du bruit entre Saint-Aignan-de-Grand-Lieu et l’aéroport Nantes Atlantique, dont ils ne veulent plus. Pour l’écologie, l’économie. Contre le bruit et la mort du bourg.

 

Drôle d’ambiance, hier, dans le bourg de Saint-Aignan-de-GrandLieu, à 1,7 km du bout de la piste de l’aéroport de Nantes Atlantique. Des commerces au rideau baissé, des maisons avec des pancartes « à vendre », des affiches « oui au transfert » collées un peu partout sur des rideaux noirs… Et une quinzaine de voitures chargées de bagages, prêtes à partir. À pied, à vélo et dans ces voitures simulant l’exode, environ 300 personnes ont manifesté dans le bourg et jusqu’à l’aéroport pour dire oui à son transfert à Notre-Dame-desLandes. C’est la première fois que les pro transfert donnent de la voix. Trop longtemps qu’ils attendent. « Quand nous avons acheté ici, il y a 22 ans, le transfert était prévu pour 2000. Je ne serais jamais venu sinon », témoigne Thierry, 51 ans.

Ruisseau pollué

Premier argument affiché : la mort du bourg, redoutée par les habitants en cas de maintien de l’aéroport actuel. « J’aime mon Saint-Aignan » , martèle Pascale, 63 ans, qui habite à côté du centre commercial que les avions survolent à 150 m de haut. Le maire, Jean-Claude Lemasson, affirme que « si l’aéroport reste et a fortiori s’il se développe, le nouveau plan d’exposition au bruit (PEB) ne permettra plus de faire de travaux dans le bourg. Dans les zones B des PEB, où le bourg sera forcément, il ne doit pas y avoir d’habitants. On ne pourra pas maintenir les activités sportives et socioculturelles. Je ne pourrai plus accorder d’autorisation de travaux » . En faveur de la construction du nouvel aéroport, les manifestants n’évoquent pas seulement le bruit qui, selon eux, « a déjà fortement augmenté ces dix dernières années » .Ils parlent de pollution, « de résidus de combustion gras sur les toits des maisons » ,« du ruisseau de l’Ognon, qui se jette dans la réserve naturelle du lac de Grand-Lieu, pollué parce qu’il draine les eaux de ruissellement de l’aéroport » . Ils évoquent aussi le développement économique de la région, dont le nouvel aéroport serait « un moteur indispensable » .À 16 h, après avoir dessiné un « oui » humain sur la pelouse de la salle municipale, le cortège s’est étiré. Lentement, en klaxonnant. Direction l’aéroport, dont ils ne veulent plus.

Corinne ARGENTINI.

 

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